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POUR ALLER PLUS LOIN...SAINTS ET BIENHEUREUX DE CHEZ NOUS3. MÈRE D’YOUVILLE (1701-1771)Par sa mère, Marguerite Dufrost de Lajemmerais est arrière-petite-fille de Pierre Boucher, le seigneur de Boucherville. Elle est l'aînée d'une famille de six enfants. Son père meurt en 1708 et la famille connaît la pauvreté extrême et l'humiliation. Grâce à Pierre Boucher, Marguerite peut toutefois étudier deux ans chez les Ursulines à Québec. En 1722, elle épouse François Yon (d'Youville), qui s’avérera un trafiquant d'alcool aux affaires douteuses. Le mariage est une catastrophe. A la mort de son mari en 1730, Marguerite est enceinte de son sixième enfant. Deux seulement survivront et deviendront prêtres. Marguerite travaille d'arrache-pied pour faire vivre ses enfants, entretenir sa maison, payer certaines dettes de son mari et aider les pauvres. Par compassion, elle assure même la sépulture à des criminels exécutés sur la place publique. Elle rachète et opère un fonds de commerce et mène ses affaires rondement. Dès 1727, elle vit une expérience mystique profonde et approfondit sans cesse sa relation à Dieu dans une perspective de dévouement à l'égard des plus pauvres. En 1737, elle forme communauté avec trois compagnes et consacre sa vie au service des pauvres: des gens souvent âgés, malades, démunis psychiquement et physiquement qu'elle accueille dans sa maison. La société bien-pensante du temps trouve cet apostolat honteux. On ne doit pas vivre avec les pauvres. On laisse donc sous-entendre que, pour gagner sa vie et celle de ses protégés, Marguerite poursuit le trafic d'alcool de son défunt mari. Les quatre compagnes ne sont-elles pas grises (saoules) quand elles se promènent dans les rues de Montréal pour quêter en faveur des pauvres? Le nom leur restera (SÅ“urs Grises) non comme une opprobre mais comme une fierté. À partir de 1738, tout se précipite. Épreuves physiques, incendies, obstacles, épidémies, tracasseries administratives des intendants, des gouverneurs, et même de l'évêque de Québec, mensonges, rivalités. Mais l'espérance est là , et la prière, et l'amour inlassable pour les plus pauvres. La communauté recrute, s'élargit, se structure. En 1747, Marguerite devient administratrice de l'Hôpital Général des Frères Charon. En 1755, la communauté religieuse est officiellement approuvée. Durant les années 1755 à 1760, alors que la guerre oppose la colonie française aux forces anglaises, l'hôpital reçoit des blessés de tous les camps et les soigne avec amour en les cachant les uns des autres. En 1765 l'hôpital passe au feu et il faut tout recommencer. Marguerite d'Youville, une femme forte, intelligente, avisée. Une maîtresse femme à l'amour intense et inlassable. Mère de la charité universelle, a dit d'elle Jean XXIII en 1959. Au hasard de l'été, passez à la Maison Marguerite, au 138 rue St-Pierre, à Montréal (514 842-9411), ou encore au Sanctuaire de Sainte Marguerite d'Youville à Varennes, lieu de sa naissance (450 652-2873). Pour en savoir plus, consultez le site web des SÅ“urs Grises ou le livre de Estelle Tardif, Marguerite d'Youville. Le cri des pauvres (Montréal, Bellarmin, 2001) André Beauchamp | Haut de la page | |
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