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Message de Noël 2009 de Msg Ebacher

Noël : une joie pour notre humanité nomade
Les semaines qui précèdent Noël sont le temps des plus grandes dépenses et
des endettements. Que reste-t-il du sens intime et originel de la fête de Noël ? Certes, il en reste les vœux, les cadeaux, les visites familiales, même une
générosité renouvelée envers les pauvres. Tout cela est fort beau, humain et très touchant quand vécu avec cœur et non comme une corvée.
Pourtant, Noël me semble si proche d’une autre dimension de notre vie d’aujourd’hui. Ne sommes-nous pas devenus des nomades ? En fait, l’homme est un nomade depuis
qu’il existe ! Mais ce nomadisme inhérent à notre condition humaine a trouvé de nouveaux chemins dans un monde qui se globalise et qui multiplie les moyens et lieux de communication.
Chaque fois que je passe dans un aéroport international, je suis fasciné par ces foules qui arrivent de destinations exotiques, qui partent vers des horizons aux noms qui me sont
inconnus. Les visages, les vêtements me parlent d’autres cultures qui viennent vers nous ou qui retournent vers leurs sources. Ces migrants ce sont des immigrants, des réfugiés,
des touristes, des commerçants, et qui encore ? La « caravane humaine » est toujours en route, et les moyens contemporains accélèrent ses migrations de toutes sortes.
Et que dire des jeunes ? Beaucoup vont faire des stages humanitaires dans divers pays du monde. Ils parcourent des continents que leurs parents n’ont même pas entrevus. Il suffit
de penser aux gigantesques marches et rassemblements de jeunes lors des Journées Mondiales de la Jeunesse, en des pays aussi divers que les Philippines, l’Allemagne, les
États-Unis, le Canada et bientôt l’Espagne. Ils s'y retrouvent par millions, ils tissent par leurs réseaux de courriels une toile serrée autour de la terre.
Et puis, on voit ce phénomène du renouveau des pèlerinages, ces longues marches qui remontent à la nuit des temps. Je vois régulièrement des gens qui partent pour
Compostelle, d’autres qui s’engagent dans des chemins plus courts mais qui les attirent mystérieusement, comme une route encore à découvrir, celle de leur cœur.
L’être humain que nous sommes aujourd’hui, autant sinon plus que jamais, cherche un sens à sa destinée, aspire à des raisons de vivre. Et je considère que la fête de Noël est
une offre de sens à tous les marcheurs que nous sommes, à tous les chercheurs que nous sommes.
Dans nos Écritures Sainte, Dieu se manifeste toujours en mouvement. Sans cesse, il vient, il cherche quelqu’un, il marche avec, il lui communique les sentiments et les secrets de
son cœur. C’est Lui qui, allant au bout de cet élan, se fait petit et pauvre jusqu’à la Crèche pour marcher vraiment et sans faux-semblant avec cette caravane que nous
formons. Plongeant ainsi dans le mouvement qui marque notre histoire intime et universelle, il met en marche !
C’est d’un jeune couple en voyage qu’il naît au milieu d’un rassemblement qui ne laisse pas de place dans l’hôtellerie pour sa naissance. Se sentent attirés vers lui ces nomades et
marginalisés de toujours que sont les bergers. Ils trouvent en l’Enfant une joie nouvelle de vivre, un goût nouveau de solidarité avec les personnes sur leur chemin pour laisser
éclater leur vitalité neuve. Puis arriveront ces mages, ces penseurs qui, pour dénouer l’énigme de leur vie lue dans une étoile, se mettent en marche. Ils cherchent. Après
errances et erreurs, ils trouvent l’Enfant et sa mère et en ressentent une grande allégresse. Et ils retournent chez eux, mais tout transformés. Ils ont un sens nouveau de l’humanité
et de leur propre destin. Pour eux aussi, cette rencontre est une poussée vers les autres, vers ceux au loin, vers ceux qui ne se savent pas aimés. Puis l’Enfant deviendra un
réfugié, chassé par la peur et la jalousie du souverain.
Oui, Jésus à Noël vient nous rejoindre pour nous faire expérimenter qu’il existe un autre monde que celui de la méfiance, de la peur, de la haine, de la guerre, de l’égoïsme, de
l’exploitation éhontée des richesses de la nature et de l’humanité. Et je rencontre des jeunes et des adultes qui expérimentent, au cœur de leurs blessures et de leurs recherches,
cette rencontre qui les transforme et en font des nomades heureux et qui le montrent en aimant autour d’eux.
J’aime le chant de Robert Lebel intitulé : « Peuple de pèlerins ». II me semble bellement
mettre en mots et en notes le vrai message de Noël. « Peuple de pèlerins poursuis ton voyage plus loin que l’incertain et que les mirages ! Le monde est un chemin, la terre, un
passage ! Passe en donnant la main, l’Amour et le pain ! »
Joyeux Noël 2009 et que l’An 2010 conduise nos errances à la joie !
† Roger Ébacher Évêque de Gatineau 15 décembre 2009
Peuple de pèllerins
Peuple de pèllerins, Poursuis ton voyage Plus loin que l'incertain Et que les mirages ! Le monde est un chemin, La terre, un passage ! Passe en donnant la main L'amour et le pain !
Au milieu de la peur Et de la méfiance, Au travers des rancoeurs Et des médisances Ouvre un chemin de confiance !
Au milieu des prisons Et des sacrifices, Au travers des affronts, Des gestes complices, Ouvre un chemin de justice !
Au milieu des mourants Et de leur souffrance, Au travers des mendiants Et de leur silence, Ouvre un chemin d'espérance !
Au milieu des combats Et des cris de guerre, Au travers des débats Des nuits de colère Ouvre un chemin de lumière !
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