Murale « La résurrection »

La résurection
(Tapisserie au devant de l'église)

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Cette oeuvre a été réalisée en 1967 lors de la rénovation de l'église Saint-Paul.

Réalisation : Atelier Artimon, Varennes
Tissage : Atelier d'Artisans de St-Jovite
Carton : René Derouin
Réalisation : René Derouin et Jeanne Molleur
Assistantes : Louise Molleur et Jeannine Derouin
Contracteur : Desmarais Robitaille, Montréal
Technique : Tissage, Feutre et Broderie

L'Oeuvre a été restaurée en 2000 par Louise Bergeron

Origine de l'œuvre selon son auteur

En 1967, mon atelier était installé dans une vieille maison de pierres à Varenne sur le bord du fleuve Saint-Laurent. Je travaillais à une série sur le thème de l'hiver en gravures sur bois, lorsqu'on sonna à la porte en plein mois de janvier. Frédérick Back et André Robitaille venaient pour me parler d'un projet de mural pour l'église de Saint-Paul d'Aylmer alors en rénovation. Quelle surprise de recevoir cette visite imprévue ! Le projet m'intéressait à plusieurs niveaux : nous vivions une époque très difficile financièrement et, l'idée m'emballait de réaliser une murale dans la tradition de l'art public. Les muralistes mexicains m'avaient beaucoup impressionné lors de mes études au Mexique de 1955 à 1957!

J'ai accepté le projet, et suis parti visiter les lieux à l'église Saint-Paul d'Aylmer. J'ai préparé une maquette et un devis de réalisation qui impliquait plusieurs personnes : l'œuvre était monumentale ! Ensuite, j'ai rencontré les Artisans de Saint-Jovite pour leur commander les matériaux de base : de grandes quantités de pièces tissées dans leur atelier. J'ai formé une équipe de travail avec mon épouse Jeanne Molleur-Derouin, sa sœur Louise Molleur et ma grande sœur Jeannine Derouin. Au printemps 1967, la maison et l'atelier étaient en pleine résurrection. D'ailleurs, le printemps a toujours été ma période de création privilégiée! En réalisant l'œuvre murale, je me suis rappelé les dessins faits pour le père Ambroise Lafortune, qui animait L'Histoire des religions à la télévision de Radio-Canada durant les années soixante. Tous les dimanches, je créais des dizaines de planches sur la religion que le père Ambroise commentait. C'est de là que viennent les influences de l'œuvre La Résurrection  exposée dans le chœur de l'église Saint-Paul d'Aylmer.

L'architecture des habitations rappelle celle du Moyen-Orient. Mais, ce qu'il faut surtout observer c'est l'importance de la couleur et la quantité de soleils : la chaleur des pays du Sud, les jeux de couleurs chaudes, ainsi que les maisons que l'on pourrait reconnaître en visitant les villages colorés mexicains, leur artisanat et leur art populaire. Le Mexique m'avait beaucoup marqué lors de mon premier voyage! L'art populaire laisse des traces dans la murale; c'est le choix que j'ai fait parce qu'elle s'adresse à un large public de paroissiens qui fréquentent l'église. J'en étais très conscient lors de sa réalisation.

Dans l'ensemble de mon œuvre, La Résurrection représente quelque chose que je comprendrai mieux beaucoup plus tard. Ma migration au Sud, le métissage dans mon œuvre m'habitera pendant plus de quarante ans et aboutira dans la série Between, réalisée à partir de 1982 à 1984, où j'essayais de rassembler les influences du Nord et du Sud dans mes recherches. Maintenant, je sais que je suis un migrant parmi d'autres cultures, que la mienne a une identité qui évolue en symbiose avec les rencontres, et que cet état est en continuels changements et évolution.

    René Derouin