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COIN DE RÉFLEXION...14 mars 2010 – 4e dimanche de Carême (C)
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Pensée de la journée :
À mi-parcours du Carême, nous renouons avec notre identité profonde. Nous sommes réconciliés avec Dieu. Quel paradoxe : notre autonomie permet de vivre de son don infini.
Pensée de la semaine :
Aux yeux de Dieu, nous sommes membres de sa famille. Pour toujours ! À nous d’accueillir l’immense bonheur offert par cette appartenance définitive.
Intention missionnaire du mois :
Prions pour que les Églises en Afrique soient signe et instrument de réconciliation et de justice dans chaque région du Continent.
« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie. » Phrase étonnante d'un père: nous le voyons bien, son fils cadet n'est pas mort. Il est même assez vigoureux pour supporter une vie difficile (manger moins bien que des porcs), et revenir à pied d'un pays lointain. Si la joie de ce père est aussi intense, c'est qu'il sait que son fils a connu pire que la mort: un vide intérieur, une existence sans espérance, une vie sans le Père.
Qui n'a pas déjà vécu ces périodes sans goût, une vie éteinte? Sentiment terrible pour qui les traverse, car c'est un abîme de solitude si profond qu'on peut croire que jamais plus aucune lumière ne pourra nous éclairer. Les noirceurs sont plus
grandes encore pour qui s'y abîme avec l'arrière-goût d'une faute, d'une erreur, d'une discorde. « Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. » Il faut avoir tout perdu, jusqu'à l'estime de soi, pour penser ainsi.
Pourtant, il suffit d'un tout petit espace pour que la lumière de Dieu puisse à nouveau illuminer notre cœur, si souffrant soit-il. Au creux de sa misère, une pensée remet le fils en route: il était si bien dans la maison de son père. Une parole suffit à nous sauver: si nous osons y croire, Dieu va s'en saisir pour nous ramener vers Lui. Sainte Thérèse de l'Enfant -Jésus, qui a connu les nuits de la foi, n'a-t-elle pas prié, jeûné, imploré le Seigneur pour qu'il se fasse connaître au pire criminel de son époque? De sa cellule de carmélite, le cri de la petite Thérèse a obtenu la conversion de Pranzini, dans sa cellule de condamné à mort. Un de nos amis, aujourd'hui père de famille, homme de douceur et de bonté, était un de ces jeunes «poqués» que l'on croise dans nos villes. C'est dans le silence. de plusieurs années de prison que le Christ l'a rejoint directement, et sans intermédiaire, car aucune barrière n'arrête l'Amour.
L'évangile ne dit pas comment le fils prodigue a vécu l'accueil sans mesure de son père. Avant même qu'il n'ait balbutié sa confession, son père l'avait déjà embrassé, sans poser de questions. Il l'a vêtu du vêtement des noces, de la bague de l'Alliance, des sandales des témoins et apôtres... On devine la suite: le cœur du fils a fondu devant celui du père, une conversion dans les larmes et la joie... Nous pouvons la revivre chaque fois dans le sacrement de la Réconciliation.
Et le fils aîné? Sa réaction ressemble tant à la nôtre quand nous pensons avoir tout bien fait... «Êtes-vous prêts à passer votre paradis à côté de tel criminel?», demandait un de nos amis évêque au début d'une homélie, alors qu'un procès retentissant se déroulait dans son diocèse. Bien des visages se sont fermés dans l'assemblée à l'évocation de ce nom...
Mais pour qui Dieu est-il venu? Et pour quelle part de nous-même? Celle qui baigne déjà dans sa lumière ou au contraire, celle que nous retenons encore loin de Lui, la part de nos ombres et de nos fragilités? Si seulement nous pouvions mesurer le désir - jusqu'à l'angoisse! – de Jésus: qu'aucun de ceux que le Père Lui a confiés ne soit perdu. Il faut s'en rappeler: le tout premier humain entré au paradis avec Jésus est bel et bien un criminel crucifié avec Lui, sanctifié d'un simple regard à l'ultime minute de sa vie... Jésus est mort les bras grands ouverts pour accueillir cet homme, mais aussi tout ce qui reste à convertir en chacun de nous. Qu'attendons-nous?
Louise Poirier et Laurent Fontaine
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Une gracieuseté de Louise Barabé
révision du 12 mars 2010