Unité pastorale Grande-Rivière
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COIN DE RÉFLEXION...

07 mars 2010 – 3e dimanche de Carême (C)careme

Aujourd’hui comme hier

Moïse, tel est son nom. « Sauvé des eaux », telle est la signification de ce nom. Autrefois, donner un nom à quelqu'un était un geste essentiel. Le nom d'une personne l'engageait. Il indiquait la mission que l'on voulait lui attribuer. Il était un appel auquel cette personne devait répondre. C'est ainsi que les chrétiens en sont venus à donner des noms de saints à chaque baptisé. La sainte ou le saint était en quelque sorte chargé de patronner le nouveau-né.

Aujourd'hui, on choisit moins souvent des noms de saints. C'est un peu, comme si on disait à l'enfant : « Épate-nous, fais du nouveau, surprends-nous par une mission nouvelle. » Ce qui est étrange et merveilleux à la fois, c'est que sans même s’en rendre compte certaines gens choisissent un nom à consonance biblique, dont la signification pourrait les surprendre : Esther, Gabriel, Noémie, Joël, Tania, DaVid, Ziva, Thaddée, Abigaël... D'autres parents trouvent un nom à travers divers media, comme Thierry, Solveigh, Cédrick, Coralie, ou dans un livre, comme Fantine; Lucas, Fannie, Axel. D'autres encore veulent honorer un père, une mère, une personne aimée. En choisissant le nom de l'une de ces personnes pour leur enfant, ils veulent prolonger auprès d'eux la présence d'un être cher. Quoi qu'il en soit, ces choix de noms donnent au fond à chaque enfant une mission, une vocation particulière. Plus ça change, plus c'est pareil.

   Yvon Cousineau

Pensée de la journée :

Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour.

   (Ps 103,8)   

Pensée de la semaine :

Dieu rend visite à ceux qui savent le prix de l’attente, ces veilleurs qui savent qu’au bout de la nuit, l’aurore vient toujours.

Intention missionnaire du mois :

Prions pour que les Églises en Afrique soient signe et instrument de réconciliation et de justice dans chaque région du Continent.

PRIER ET RÉFLÉCHIR EN ÉGLISE

CAPTER LE VRAI DÉSIR

Cet éditorial doit être rédigé aujourd'hui. L'échéance me prend par surprise. Il faut dire que j'émerge d'une fin de semaine de compulsion intense. J'étais tout absorbé par un nouveau gadget électronique: un irritant problème de sauvegarde de données que je ne pouvais m'empêcher de vouloir à tout prix résoudre. J'y suis finalement parvenu, mais à quel prix! Je n'ai pas vu passer le temps et me voilà maintenant en panne d'inspiration devant la page blanche qui m'attend.

Autant admettre ce vide. Bien sûr, je suis satisfait du bon fonctionnement de mon gadget, qui va me rendre de loyaux services; mais en même temps, j'ai l'impression d'être une fois de plus berné par les suggestions trompeuses de la publicité. Je sens trop bien que le petit appareil électronique dernier cri que j'ai en main sera rapidement dépassé et que l'envie d'avoir sa prochaine version ou autre chose reviendra bientôt m'obséder.

L'observation de Timothy Radcliffe (Pourquoi aller à l'église? Cerf, 2009, p. 212-213) est donc trop vraie: le but du marketing est « de nous rendre mécontents de ce que nous avons» , de nous porter à tout vouloir sans rien espérer, d'entretenir notre propension à «n'être attaché à aucun objet particulier», de ne jamais satisfaire notre désir pour que nous ne cessions pas d'acheter. Comment sortir de cette course insensée après des riens sinon en apprenant « à jouir simplement de ce qui nous est donné », à faire taire le désir incessant de consommer, à prendre tout bonnement plaisir à ce qu'il nous est donné de manger, de boire, de goûter, de voir, de toucher.

Je suis là, devant la page blanche qui m'attend. Elle m'invite au Carême de ce mois de mars. Je ne compte pas nécessairement me priver de nourriture et de boisson. Mon jeûne consistera plutôt à désamorcer en moi les désirs vains. Je me contenterai des joies simples de la vie quotidienne. Qui sait si je ne me laisserai pas surprendre par l'intense plaisir de manger, par exemple, un simple morceau de pain ou de sentir sur mes joues la caresse des premiers souffles du printemps? L'enjeu de cet exercice est énorme. Il s'agit de capter le désir qui ne trompe pas, d'acquérir la liberté intérieure, de devenir ainsi capable d'aimer vraiment, sans condition, à la suite du Christ. Il s'agit d'aider Dieu à guérir le monde de l'individualisme destructeur dont. on voit trop aujourd'hui les ravages.

   Jacques Lison

 

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 Une gracieuseté de Louise Barabé
 révision du 5 février 2010